Le diabète de type 1, le diabète de type 2 et la grossesse
La planification d’une grossesse
Si vous êtes une femme atteinte de diabète de type 1 ou de type 2, vous pouvez mener une grossesse à terme. Grâce aux progrès de la recherche sur le diabète, des connaissances et de la prise en charge de cette maladie, les perspectives des femmes enceintes diabétiques sont plus positives maintenant qu’elles l’étaient au sein de la génération précédente. Cependant, vous affronterez tout de même des défis que les autres femmes n’ont jamais connus. Lorsque vous déciderez d’avoir un enfant, votre conjoint et vous devrez comprendre qu’une grossesse avec le diabète s’accompagne :
- d’efforts et d’un engagement accrus,
- d’un excellent contrôle de la glycémie,
- d’une éducation dans tous les aspects de la prise en charge du diabète.
Avant votre grossesse
Si votre glycémie est sous contrôle et que vous n’avez pas d’autres problèmes médicaux, vous ne devriez pas éprouver plus de difficulté à devenir enceinte que n’importe quelle autre femme non diabétique en santé. Pour vous préparer à une grossesse en santé, vous devez :
- savoir surveiller votre glycémie. Si vous ne vérifiez pas déjà votre glycémie, demandez à votre dispensateur de soins comment faire.
- Assurez-vous de contrôler parfaitement votre glycémie avant de devenir enceinte. Selon les études, le contrôle de la glycémie six mois avant la conception et tout au long de la grossesse réduit l’incidence d’anomalies à la naissance de manière qu’elle correspond à celle de la population générale.
- Atteignez votre poids idéal avant de devenir enceinte. L’embonpoint complique à la fois le diabète et la grossesse.
- Choisissez une équipe de soins composée d’un obstétricien expérimenté dans la prise en charge des grossesses de femmes diabétiques, du médecin qui suit votre diabète, d’une diététiste, d’une infirmière enseignante et, pendant le dernier mois de votre grossesse, d’un pédiatre.
- Prévoyez accoucher dans un hôpital bien aménagé doté d’installations modernes pour effectuer des tests et surveiller le diabète.
Les soins médicaux pendant la grossesse
Les analyses sanguines et urinaires supplémentaires
Un diabète gestationnel se déclare pendant certaines grossesses. Il faut alors contrôler le régime alimentaire, surveiller attentivement la glycémie et, parfois, prendre de l’insuline. Bien que d’ordinaire, ce type de diabète disparaisse après la grossesse, les femmes qui en sont atteintes sont plus vulnérables au diabète de type 2 plus tard au cours de leur vie.
Le contrôle de la glycémie est capital pendant cette période. C’est pourquoi votre médecin vous conseillera de subir des analyses de sang et d’urine plus souvent tout au long de votre grossesse.
L’insuline
Premières phases : Votre insuline peut chuter pendant les premières phases de la grossesse. En effet, le fœtus, qui se développe rapidement, absorbe le glucose de votre organisme à un rythme très rapide. De plus, les nausées du matin peuvent vous couper l’appétit et réduire vos besoins en insuline.
Phases plus tardives : À mesure que progresse la grossesse, vos besoins en insuline augmentent. Certaines femmes doivent doubler leur dose d’insuline.
Les examens : Certains médecins hospitalisent leur patiente pour leur faire subir des examens et rajuster leur dose d’insuline en début de grossesse. Ce n’est pas toujours nécessaire lorsque le médecin peut procéder à ces examens en cabinet, les offrir en consultations externes ou les faire exécuter à la maison au moyen de l’autosurveillance de la glycémie.
Conservez un registre quotidien et déclarez tout changement : Vous devez informer immédiatement votre médecin de toute modification importante de votre glycémie et de vos besoins en insuline, de même que des épisodes d’hypoglycémie ou d’hyperglycémie dont vous avez souffert.
Le régime alimentaire
Il est essentiel que vous mainteniez un contrôle attentif de votre régime, pour votre santé et celle de votre bébé en développement. Vous aurez besoin d’un régime personnalisé, et vous devrez le réévaluer et le rajuster tout au long de votre grossesse.
Les collations prises en plus de vos repas réguliers vous aideront à éviter les fluctuations extrêmes de glycémie et fourniront au bébé en développement un apport constant d’éléments nutritifs.
Les nausées
Votre médecin peut vous prescrire un médicament pour réduire vos nausées du matin. Parfois, le simple fait de manger un craquelin sec peut vous aider. À force d’essayer divers aliments, vous finirez peut-être par trouver ceux qui peuvent vous soulager.
L’hypoglycémie, les infections et les cétones
La grossesse peut accroître la fréquence des épisodes d’hypoglycémie (un faible taux de sucre dans le sang) et la présence de cétones dans l’urine. Maintenez votre médecin au courant. De plus, certaines femmes enceintes diabétiques souffrent d’un nombre légèrement plus élevé d’infections cutanées, vaginales et urinaires. Avec des soins, ces infections ne devraient pas constituer des problèmes importants.
Certains risques et effets du diabète sur la grossesse
Les avortements spontanés (fausses couches)
Les femmes qui contrôlent mal leur glycémie ou de nombreuses graves complications sont vulnérables aux avortements spontanés. Chez les femmes autrement en santé, le risque d’avortement spontané n’est pas plus élevé qu’au sein de la population générale, soit environ un cas sur neuf ou dix en début de grossesse.
Les gros bébés
Les femmes diabétiques peuvent avoir de gros bébés en raison de leur hyperglycémie. Il est possible de réduire ce risque en maintenant la glycémie près des valeurs normales. De toute évidence, un gros bébé rend l’accouchement plus difficile. C’est pourquoi les césariennes ne sont pas rares.
Le polyhydramnios
Cette maladie, c’est-à-dire une trop grande quantité de liquide amniotique tout au long de la grossesse, est moins fréquente. À part le malaise provoqué par un ventre trop distendu, le polyhydramnios a peu de conséquences néfastes.
La toxémie
La toxémie se caractérise par une augmentation de la tension artérielle, la présence de protéine dans l’urine et l’œdème des mains et des pieds. Bien qu’elle ait déjà constitué une complication courante de la grossesse de la mère diabétique, grâce au contrôle de la glycémie, la toxémie n’est pas plus fréquente que dans le cadre de la grossesse d’une mère non diabétique.
L’œdème
L’enflure, ou œdème, est fréquente. Pour réduire cette accumulation excessive de liquide, vous n’aurez peut-être qu’à limiter votre consommation de sel. Avertissez votre médecin si vous remarquez que vous êtes enflée.
La surveillance du développement du bébé
De nombreux tests fournissent de l’information sur le développement du bébé et le degré de risque intra-utérin.
La sonographie ou l’échographie
Il s’agit d’ondes sonores à haute fréquence utilisées pour connaître la taille du bébé. La reprise de ce test pendant la grossesse permet de calculer le rythme de croissance du bébé. La sonographie, un test simple, indolore et inoffensif, est effectuée au cabinet du médecin ou à l’hôpital, en consultations externes.
L’amniocentèse
Cette technique permet d’évaluer la maturité du système respiratoire du bébé et sa capacité de respirer seul. Pendant ce test, on insère une aiguille fine dans l’utérus et on prélève une petite quantité de liquide qui entoure le bébé. Si le taux d’une matière qu’on appelle surfactant est assez élevé, le médecin sait que les poumons du bébé ont grossi et qu’il sera capable de respirer sans aide. L’amniocentèse aide les médecins à établir le moment idéal de l’accouchement.
L’examen de réactivité fœtale
Ce test permet de vérifier le bien-être général de votre bébé par l’enregistrement de sa fréquence cardiaque pendant qu’il bouge. Une fréquence cardiaque plus rapide serait normale. D’ordinaire, on répète l’examen de réactivité fœtale de une à trois fois par semaine pendant les quelques dernières semaines de la grossesse.
Le test de tolérance aux contractions utérines (épreuve à l’ocytocine)
Selon les résultats de l’examen de réactivité fœtale, vous devrez peut-être subir d’autres tests pour déterminer si votre bébé sera en mesure d’affronter le stress de l’accouchement. Pendant le test de tolérance aux contractions utérines, ou épreuve à l’ocytocine, vous recevrez une petite dose de l’hormone ocytocine, qui stimule de légères contractions de l’utérus. Ce test vise à réduire le débit d’oxygène pour qu’il avoisine celui qu’on observe pendant l’accouchement et à vérifier si la fréquence cardiaque du bébé demeure constante tout au long de cette période.
Le registre des mouvements fœtaux
Votre médecin pourrait vous demander de surveiller les mouvements de votre bébé. Il vous indiquera alors la manière et le moment de les prendre en note.
L’accouchement
En raison du risque supplémentaire pour le bébé à naître, de nombreux médecins qui s’occupent de femmes enceintes diabétiques procèdent à l’accouchement avant la date prévue, soit en provoquant le travail, soit en effectuant une césarienne.
Les femmes diabétiques peuvent vivre un accouchement vaginal normal si la grossesse se passe sans complication et si tous les facteurs sont normaux. Cependant, puisque les bébés nés d’une mère diabétique peuvent être plus gros que la normale, il faudra peut-être recourir à une césarienne. En cas de césarienne, souvenez-vous qu’il s’agit de l’une des grandes opérations les plus pratiquées et qu’elle est devenue relativement simple et sécuritaire.
Après la naissance du bébé
Les considérations génétiques : Votre bébé sera-t-il diabétique ?
Les recherches ont établi qu’il existe un élément génétique tant pour le diabète de type 1 que pour le diabète de type 2, mais malgré tout, votre bébé ne sera pas nécessairement diabétique. Vous devrez tout de même vérifier étroitement s’il manifeste des symptômes.
Des troubles courants à surveiller :
- Une chute de la glycémie du bébé : Si le bébé a été soumis à une hyperglycémie très prolongée, il peut souffrir d’une chute de glycémie peu après sa naissance. Dans ce cas, il faut lui administrer rapidement des suppléments de sucre, par voie intraveineuse ou orale. Il fera l’objet d’une surveillance attentive jusqu’à ce que sa glycémie ait recouvré un taux normal.
- Le prématuré : Une prématuré aura besoin de soins pédiatriques relativement complexes et hautement spécialisés.
Les besoins en insuline après l’accouchement
Peu après l’accouchement, souvent au bout de quelques heures, vos besoins en insuline chuteront, et vous aurez peut-être besoin de moins d’insuline qu’avant la grossesse. D’ordinaire, vous maintiendrez cet état pendant plusieurs semaines. L’activité supplémentaire qu’exigent les soins d’un nouveau-né ont également tendance à réduire les besoins en insuline pendant un certain temps. Vous devriez conserver des collations d’urgence dans chaque pièce de la maison pendant que vous vous occuperez de votre nouveau-né, au cas où vous ressentiriez le début d’une réaction insulinique.
L’allaitement
Rien n’empêche une femme diabétique autrement en santé d’allaiter son bébé.
- Les bébés à l’unité de soins intensifs : Même si votre bébé est aux soins intensifs, vous pouvez vous mettre à l’allaiter lorsqu’il obtiendra son congé. Vous pouvez pomper manuellement votre lait afin d’en maintenir la production jusqu’à ce que vous soyez en mesure d’allaiter.
- Une collation avant l’allaitement : Puisque l’allaitement peut provoquer une chute subite de la glycémie, prenez un verre de lait avant d’allaiter afin d’assurer la stabilité de votre glycémie.
- Conservez votre apport de liquides et de calories : Pendant l’allaitement, vous devrez peut-être accroître votre consommation de liquides et de calories pour remplacer les calories utilisées pour produire le lait.
- Les infections mineures : Avisez immédiatement votre médecin de tout signe de douleur ou de rougeur autour des mamelons ou sur les seins. Il est possible de traiter rapidement une infection mineure à l’aide d’antibiotiques. Règle générale, vous n’aurez généralement pas besoin d’arrêter d’allaiter en raison de ces infections.
** L’information contenue dans cette zone ne remplace pas les conseils d’un médecin. Pour approfondir les sujets qui y sont abordés, consultez votre professionnel de la santé.
