Aidez votre enfant ou votre adolescent à vivre avec le diabète de type 1
Votre enfant est atteint de diabète de type 1
Pour l’enfant et toute sa famille, le diabète de type 1 change la vie. En tant que parents d’enfants atteints de diabète de type 1, nous en sommes bien conscients. Nous savons également que si le diabète de type 1 peut changer votre vie familiale, il n’a pas besoin de prendre toute la place.
D’abord, nous voulons vous garantir catégoriquement que votre enfant peut vivre une vie affective pleine et normale avec le diabète de type 1. Cette zone traite de quelques-uns des défis psychologiques, affectifs et sociaux que vous pourrez relever en élevant votre enfant ou votre adolescent atteint de diabète de type 1 (diabète juvénile).
Le diabète de type 1 pendant l’enfance
Les jeunes enfants peuvent éprouver de la difficulté à comprendre les bouleversements soudains (surveillance du glucose, injections d’insuline, restrictions alimentaires) que le diabète de type 1 provoque dans leur vie. Parmi les réactions courantes des enfants, soulignons :
- le sentiment d’être puni pour avoir désobéi,
- un sentiment de honte ou de culpabilité,
- la peur de la mort parce que le diabète les rend malades.
Ces réactions peuvent inciter votre enfant à se montrer hostile envers vous, à avoir l’impression que vous l’avez trahi. Puisque les enfants croient leurs parents tout-puissants, votre enfant peut penser que vous pourrez le débarrasser de son diabète de type 1.
L’autoadministration des soins et vos soins
L’une de vos tâches les plus importantes en qualité de parent d’un enfant atteint de diabète de type 1 consiste à superviser, à encourager et à favoriser l’autonomie dont votre enfant a besoin pour réussir à prendre en charge son diabète de type 1. Tentez d’éviter d’être surprotecteur. Des parents trop protecteurs minent l’estime de soi de l’enfant. Au lieu de développer le sentiment de maîtriser son environnement, l’enfant peut se percevoir comme un enfant malade, utiliser le diabète de type 1 pour exercer du contrôle, utiliser l’hypoglycémie pour éviter des activités désagréables ou laisser l’hyperglycémie atteindre des proportions de crise.
L’autoadministration des soins est le secret de l’indépendance et de l’estime de soi de l’enfant. On ne peut trop surestimer ce point : vous devez faire participer votre enfant à ses soins dès qu’il est en mesure de maîtriser les tâches d’autoadministration des soins et qu’il y est prêt d’un point de vue affectif. La supervision des soignants doit toutefois se poursuivre.
Le diabète de type 1 à l’adolescence
L’adolescence est une période difficile pour tous les enfants et leurs parents. Les adolescents diabétiques doivent toutefois relever des défis supplémentaires. L’enfant qui avait toujours été un exemple à suivre en matière de prise en charge du diabète de type 1 peut se mettre tout à coup à se révolter contre ces soins répétitifs. Il peut refuser de vérifier sa glycémie, se goinfrer ou dissimuler les résultats de ses tests. Il peut devenir grognon, colérique, distant.
Les défis d’ordre psychologique : Identité sexuelle, autonomie et soins autoadministrés
L’identité sexuelle et l’autonomie représentent des défis pour bien des adolescents et pour leurs parents. Les adolescents diabétiques y voient des problèmes plus cruciaux. Les exigences de soins peuvent également créer des tensions particulières. Pour bâtir une identité sexuelle, il faut apprendre à s’accepter. C’est un processus que tous les adolescents trouvent difficile, mais le diabète de type 1 vient encore compliquer les choses. Après tout, dans les films et à la télévision, les personnes qui réussissent sont jeunes, belles et physiquement parfaites. Les adolescents diabétiques savent qu’ils ne sont pas parfaits. Ils se demandent s’ils seront acceptés par les membres du sexe opposé et par leurs camarades.
La crainte du rejet incite certains adolescents diabétiques à s’isoler de leurs camarades. Toutefois, l’isolement est encore plus dommageable pour l’estime de soi. Si votre enfant réagit de cette manière, vous devriez tenter de briser ce cycle au potentiel dévastateur.
Dans leur cheminement vers l’autonomie, les adolescents tissent souvent des liens très étroits avec leurs amis. Toutefois, pour vivre en bande, il faut se conformer, et le conformisme peut devenir source de conflits pour les adolescents atteints du diabète de type 1. Comment peuvent-ils se fondre à leur groupe (en prenant le volant sans d’abord vérifier leur glycémie, par exemple) tout en continuant à contrôler leur diabète de type 1 ? En aidant votre adolescent à accepter les limites imposées par la prise en charge de son diabète, vous l’aiderez également à affronter la pression exercée par ses camarades.
On s’attend que les adolescents deviennent complètement autonomes dans leurs soins du diabète de type 1. Cette autonomie contribue à asseoir la confiance en soi, mais pour certains, elle provoque un autre type de pression et d’anxiété. Lorsque, malgré toute leur bonne volonté, ils ne parviennent plus à contrôler leur glycémie, ils peuvent se sentir frustrés, faibles et bons à rien. Ils peuvent réagir de deux façons : soit en niant la réalité de leur maladie, soit en adoptant un comportement agressif qui peut se traduire par une frénésie alimentaire ou par le refus de prendre de l’insuline.
Il est important que votre adolescent et vous compreniez la dynamique de la glycémie pendant l’adolescence.
Un défi d’ordre physique : Le contrôle de la glycémie
La difficulté de contrôler la glycémie représente l’un des problèmes les plus frustrants et les plus persistants de l’adolescence. D’après les recherches, des transformations physiologiques se produisent. On pense que l’hormone de croissance, qui stimule la croissance des os et de la masse musculaire pendant la puberté, fait également obstacle à l’insuline. De plus, la chute de la glycémie stimule la libération d’adrénaline qui, à son tour, libère les réserves de glucose. Résultat : la glycémie des adolescents peut fluctuer d’une extrême à l’autre.
Votre adolescent et vous devez tous deux accepter que personne n’est à blâmer pour une glycémie mal contrôlée.
Des conseils pour aider votre ado
Vous devez comprendre et admettre les limites de votre contrôle pour aider votre adolescent atteint de diabète de type 1 à relever les défis de l’adolescence. Trois domaines sont d’une importance particulière :
- Acceptez le besoin de spontanéité de votre adolescent : Les adolescents aiment la spontanéité. Ils aiment avoir la liberté de faire des choses, de manger ce qu’ils veulent, de vivre de nouvelles expériences. Le diabète de type 1 exige le contraire. Un adolescent atteint de diabète de type 1 doit s’apercevoir que la liberté ne vient pas sans connaissances et responsabilités. Ce n’est que s’il comprend intimement son diabète et qu’il le contrôle qu’il accédera à la flexibilité dont il rêve.
- Acceptez le besoin de contrôle de l’adolescent : Les adolescents veulent être maîtres de leur vie. Ils veulent établir leur identité. Pour y parvenir, ils doivent tester leurs limites. Vous pouvez les aider à comprendre qu’ils peuvent profiter de la discipline et du contrôle imposés par les soins de leur diabète pour acquérir plus d’assurance et de maîtrise dans d’autres aspects de leur vie.
- Admettez les limites de votre autorité : Soyez réaliste. Acceptez de ne pas pouvoir surveiller votre adolescent à tous les instants. Vous aussi, vous devez comprendre que c’est votre enfant qui souffre de diabète de type 1, pas vous.
Ces suggestions ne devraient en aucun cas vous inciter à tourner le dos à votre adolescents et à le laisser se détruire. Vous pouvez parler avec lui des choix qu’il fait. Vous pouvez discuter de questions d’adultes, comme la carrière, le mariage et l’alcool. Si vous conversez ainsi avec votre adolescent, vous lui démontrez que vous le percevez comme un adulte et vous maintenez la communication ouverte pendant cette période difficile.
Intéressez votre adolescent à des groupes d’entraide sur le diabète de type 1 et à des camps spécialisés pour les diabétiques, où il pourra rencontrer d’autres adolescents comme lui. Si vous craignez que votre enfant soit vraiment dans le pétrin, n’hésitez pas à demander de l’aide professionnelle.
Les parents et le diabète de type 1
Votre enfant n’est pas le seul à lutter contre les défis émotifs que constitue le diabète. Vous luttez aussi, et vous avez besoin d’appui, car cet appui vous aidera et aidera votre enfant.
Vous n’êtes pas seul dans votre lutte, et il n’y a pas de raison pour que vous vous sentiez seul. Participez à des groupes d’entraide et à des organismes axés sur le diabète de
type 1. Votre enfant profitera du fait d’être entouré d’autres jeunes atteints de diabète de type 1, et vous profiterez du partage d’information et de l’expérience d’autres parents qui connaissent les écueils, les frustrations et les anxiétés reliés à une vie avec le diabète de type 1.
** L’information contenue dans cette zone ne remplace pas les conseils d’un médecin. Pour approfondir les sujets qui y sont abordés, consultez votre professionnel de la santé.
